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Voici les sites qui parlent de DE L'USAGE DU SMILEY - ANALYSE D'UN OUTIL LINGUISTIQUE :

Commentaires

Jeremy Fain

Super post Hadrien; j'ai un peu de mal à rajouter quelque chose d'intelligent car tu dis beaucoup de choses. Essayons simplement cela. Le smiley, traduisant d'un symbole ce que ne pourrait le faire un seul mot (plusieurs lettres), est particulièrement adapté aux méthodes de communication dites 'extrêmes', où la contrainte de temps est forte: le SMS en cours ou en réunion, MSN ou comment sur un blog depuis le travail, etc. C'est un point que tu sembles omettre dans ton analyse. Ainsi, le smiley relève plus de la symbolique de circonstance, ou plutôt de situation, que du langage à proprement parler.

Dams

Salut mon vieux !
Idées intéressantes qui méritent d'être discutées! (là j'ai pas le temps)
Je te propose comme thème pour ton prochain sujet: "la banalisation de l'utilisation des abreviations dans les systèmes de communications éléctroniques est il une menace pour la langue Française ? " j'ai la flemme de le developper, et je trouve que tu utiises très bien notre belle langue ;)
Bref, sympa ton blog! un petit coucou de Carry le rouet où je suis en vacances (sans vouloir narguer qui que ce soit :) ), je reviens juste de la plage. petite pensée donc pour les travailleurs parisiens qui assurent la pérénité du metro boulot dodo haha ! ( Ah aussi les onomatopé, c'est bien ça comme sujet ;)

Je reviens bientôt sur Paris donc prépare toi, on a prévu pas mal de choses !

Bye

Damien

Hadrien

Merci pour ton commentaire Jérémy. Bien entendu ta remarque est pleine de pertinence, sachant que la rapidité étant exigée par certaines situations de communication le smiley s'y développe beaucoup mieux qu'ailleurs. Merci de préciser ce point pour moi.

Ceci étant et c'est tout le sens de cette analyse, peu importe le foyer d'où il se développe, ce symbole (ou icône devrions plutôt dire pour une sémiotique plus rigoureuse) porte en lui un état de l'esprit (auparavent incommuniqué) qui le fait entrer pleinement dans l'acceptation de la définition du langage (grossièrement: système de signes permettant d'exprimer une pensée). Ce qui devrait à terme, c'est ici mon pari, être généralement reconnu. De la circonstance à l'essence en un mot.

Damien, merci de narguer les parisiens au détour de tes activités si estivales. J'attendrai donc que le temps t'autorise à commenter ce point de vue. A très bientôt dans cette attente!

Didier

Environ un post par an, mais avec longueur ... allez D.

Dams

Je prends quelques minutes pour enrichir cette analyse que j’ai déjà qualifiée d’intéressante, et de pertinente ;)(hihi)Et oui le temps m'autorise a argumenter ce sujet (en effet il pleut dehors)

A toute thèse il existe une antithèse, et je voudrais donc faire part d’un point de vue qui relativise l’hypothèse d’un enrichissement de la communication textuelle.
En effet, l’écriture est depuis des siècles un moyen de communication qui arrive à traduire de nombreuses choses sur un simple bout de papier à travers l’utilisation de mots, de phrases, et de ponctuations qui enrichissent le contenu et rythment la lecture. Cependant l’écriture a récemment subit quelques évolutions en passant de la communication textuelle manuscrite à la communication textuelle électronique. La question que je me pose est la suivante, peut-on comparer ces deux moyens de communication textuels ou bien sont t-ils diamétralement opposés. Je ne rentre pas dans l’arborescence des communications électroniques ( SMS,E mails, MSN….) et je mets de côté dans cette thèse le fait que nous remplaçons de nos jours nos conversations orales par des conversations électroniques (je parlerai de ce point plus bas), je parle ici du rôle du smiley dans une lettre électronique ou un message non instantané.
Prenons donc l’hypothèse où nous comparerions une lettre manuscrite à une lettre électronique.
Nous n’avons jamais utilisé de smiley dans une lettre écrite ou un écrit quelconque afin de traduire une émotion ?! En effet, celle ci est implicite, on la devine, on la ressent, c’est l’art d’utiliser au mieux le langage, le vocabulaire, les tournures de phrases qui entraînent une compréhension des différentes émotions qui veulent être véhiculées. De cette dextérité à utiliser l’écriture, celle-ci impose une certaine complicité à travers des références communes, des types de dialogues créés entre deux individus ou par des groupes , mais ce type d’écriture ancestrale ne cherche en aucun cas à orienter visuellement l’expression qui cherche à être exprimée. Dans cette optique, nous conviendrons que le smiley n’est pas à proprement parler un enrichissement de la communication textuelle mais bien d’un appauvrissement de nos qualités de communication ainsi que d’un appauvrissement de notre langue en rendant visuel une expression qui pourrait être orientée et exprimée avec beaucoup plus de subtilité en textuel.
Indépendamment de cette thèse qui reste à prendre dans son contexte précisé ci-dessus, je pense que le smiley a un rôle symbolique dans l’évolution actuelle de nos capacités à communiquer. Je vais parler de manière assez négative, même si je précise que je suis un adepte inconditionnel de tous ces moyens de communication (que je considère comme totalement superficiels, mais je vis et évolue dans mon ère). En effet, nous n’avons jamais autant eu de moyens de communications, et nous n’avons jamais eu autant de mal à se comprendre, à se parler. Le smiley est très représentatif de cet état, impersonnel, commun, de manque d’identité, le smiley retire toute la subtilité du langage et de l’écriture, il retire tout le côté individuel, original et subtil …. Le smiley est représentatif de ce nouveau contexte de communication qui nous retire de toute proximité, qui rends les conversations au paroxysme de l’impersonnel, en retirant la quasi totalité des sens que l’on associe à la réelle communication pour qu’elle soit réelle, profonde et optimale, c'est-à-dire le son de la voie, la graphologie de l’écriture, la présence visuelle de la personne, le toucher… Le smiley est-il donc un symbole de la déchéance de nos capacités à communiquer, et de la fin de nos identités respectives ? Et en partant de là on pourrait aller beaucoup plus loin…
J’aimerai développer plus, mais je n’ai pas le temps…je voulais néanmoins donner une ouverture sur ton analyse ,qui est très bonne, et qui est de plus beaucoup plus sociale que la mienne….

à bientôt Hadrien, je rentre ce week end, peut être un verre la semaine prochaine?

Bye

Hadrien

Damien, merci infiniment de t'être penché sur cette réflexion. Pour tenter d'être complet, car tu fais part de plusieurs idées, voici quelques commentaires (sans revenir sur ton introduction):

_ tu sembles vouloir poser une équivalence entre les outils de communication textuels traditionnels et le smiley, puis conclure de l'infériorité du second au titre qu'il est connoté visuellement. A te suivre, c'est justement de cette équivalence que le smiley devient entièrement superflu car remplaçable textuellement.
Je suis tenté en place d'un long argumentaire de (re)donner un contre-exemple: les symboles de ponctuation. En les utilisant dans tes propos, tu fais appel à des signifiants que tu ne prends pas la peine de traduire en texte. Même, tu utilises un "?!", en préférence à ce que tu considères comme "art d'utiliser le langage", c'est à dire que tu pourrais remplacer tes "?" par "je m'interroge", ou tes "!" par "je m'exclame", à titre d'exemples. Or on voit bien que parce que ces outils additionnels (ils sont apparus au 16e siècle en Italie) sont d'usage commun, tu ne prends pas la peine d'user de dextérité pour traduire ta pensée. Pourquoi? Simplement car tu poses une équivalence lors que tu t'exprimes à l'écrit entre un "!" et un "je m'exclame" (ou sa forme adaptée au contexte). Donc ce raisonnement doit conduire à admettre que smiley et signes de ponctuation ont leur équivalences respectives en texte, et que tu ne peux user de cet argument pour disqualifier l'un ou l'autre au seul titre de leur "équivalençabilité". Sauf dans ce cas à n'en user pas plus l'un que l'autre.
Mais de plus (et c'est le sens plus intéressant de cette note), je pars de là pour tenter de développer l'idée selon laquelle en plaçant un smiley, et contrairement à ton affirmation, on ne fait pas que traduire ce qui est implicite et se devine (bien sûr d'une manière générale il n'est pas question de traiter des cas particuliers). Car premièrement, s'il était si innécessaire, pourquoi l'utilise-t-on? Pourquoi le mettrait-on par exemple après une remarque qui pourrait sans lui sembler offensante si ce n'est pour traduire un état d'esprit et lever une ambiguité? Si je dis dans une communication instantanée après un temps d'inactivité "tu dors ou quoi?" cela est ambigue, le destinataire ne peut être certain si je m'énerve de sa mauvaise réponse ou si je plaisante. Si je tape "tu dors ou quoi? :-) ", il sait immédiatement que j'ironise et que je suis en train de le "taquiner" (d'ailleurs, le point d'ironie est apparu dans l'histoire de la littérature, cette dernière ne l'ayant pas conservé).

_ sur ta deuxième remarque, qui concerne cette fois plus l'évolution de la communication en générale en société, le rôle pernicieux du smiley que tu lui attribues mériterait plus ample développement. Lier ce dernier causalement à la déchéance de la communication me semble plus relever d'un ressentiment assez général concomittant que d'une réelle analyse de cause à effet. Et pour cause, le smiley est l'apanage de son utilisateur, et ce dernier en l'utilisant exprime et expose sa personnalité au même titre qu'il le fait en utilisant l'alphabet. Puisque justement tu évoque la moindre fidélité du langage écrit comparé aux possibilités combinées (orales, tactilles, expressivité d 'un corps), il faudrait en corolaire se réjouir de pouvoir enrichir la communication écrite d'un outil (même imparfait) de traduction de certaines émotions et états d'esprit à l'écrit. Mais il conviendrait de s'entendre peut-être au préalable sur ce constat que je ne partage pas d'une déchéance de notre société autour de sa communication. Nous communiquons plus, cela est certain et nous avons à nous en réjouir, mais pourquoi communiquerions plus mal? Ou dit autrement, en quoi notre communication est plus impersonnelle que celle qui utilisait un support matériel?

Egalement, pourrais-tu préciser le qualificatif "social" que tu emploies au sujet de mon analyse?

J'espère que cette réponse ne fait qu'apporter de l'eau au moulin de cette conversation, cher Damien, et en tout état de cause j'attends ta réponse avec la plus grande impatience!

Eléonore

Sympa ton site!
Je t'avoue que je n'ai pas grand chose à redire, d'une part, à ton article et aussi aux commentaires qui reprennent la majorité des points discutables. Je vais me contenter de lancer quelques idées...
-déjà quand tu me parles de la symbolique et de la communication civilisationnelle ça me fait penser à des textes de Rousseau et Lévi-Strauss. Ca n'a pas grand chose à voir avec ton article mais te connaissant, je pense que ça va t'intéresser, donc je te les passerai (Rousseau c'est l'Essai sur l'Origine des Langues et pour Lévi-Strauss des extraits de plusieurs textes) De toute façon tu peux m'appeler
-Pour en revenir à l'article, tu me dis que leur variation est rapide mais simplement on a l'impression que tu en fais une simple évolution linéaire allant dans le sens d'une atténuation, du "je suis content" à "mes propos sont sympatiques". Or, dès le départ et selon le contexte, le sens atténué aurait pu se trouver, et à l'inverse un :-( peut bien vouloir dire je suis déprimé. Simplement j'ai du mal à percevoir une évolution qui serait d'usage commun alors que le smiley, à la différence des points de ponctuation ne traduisent pas une simple intonation mais comme tu l'as dit un état, un sentiment. Il me semble alors qu'il est teinté de tous les sens possibles selon l'interlocuteur et la personne qui parle, en bref il n'évolue pas mais possède par lui même une richesse de sens vouée à ne pas évoluer dans le temps.
-Ce qui m'amène à mon troisième point: le smiley enrichie-t-il la langue? Tu m'affirmes que oui puisqu'il traduit ce qui était auparavant incommuniqué et tu le poses en équivalence avec les signes de ponctuation. C'est cette équivalence qui me pose problème. Le signe de ponctuation permet de traduire les signes de l'oralité à l'écrit, intonations... Le smiley au contraire semble partir de l'écrit et rester cloisonné dans celui-ci puisqu'il n'est qu'une sorte d'abréviation imagée d'une phrase (selon tes propres traductions). En plus de n'être que du domaine de l'écrit, il fait partie de l'écrit très spécifique de l'informatique et des texto.
Bref.... Je ne sais pas si c'est très clair mais c'est déjà assez long comme ça...
PS: mon grand frère est le meilleur. Bisous

Hadrien

Merci soeurette pour ta précieuse contribution! Poursuivons donc ces échanges pour tenter de construire une conversation qui servira l'intérêt des lecteurs, dont nous-mêmes.

_ merci pour les références bibliographiques, n'hésite pas à les préciser ici même tout le monde pourra ainsi en profiter.

_ ton analyse du sens est pertinente, mais je préfère la classer dans le hors-sujet intéressant et à poursuivre que d'en débattre ici-même, car ce n'est pas mon propos. La pertinence que je t'accorde tient à l'interprétation du sens que tu proposes, j'ai cependant juste voulu soulever l'existence d'une évolution du signifié rattaché à son icone/symbole, pas interpréter son sens (tu proposes on l'aura compris une atténuation). Sur le fond je t'accorde entièrement qu'on ne peut figer la signification des smileys et qu'ils dépendent du contexte, mais n'importe quel signe en fait de même, ceux de ponctuation notamment, ou pourquoi ne pas citer les sens multiples des "mots valise". En fonction du contexte où il sont employés, ils peuvent prendre toutes sortes de significations. Pour ne pas faire de mauvaise foi relativiste, bien entendu les écarts de sens dans l'utilisation des smileys est aujourd'hui beaucoup plus large que pour les plus traditionnels signes linguistiques, mais pour ces derniers ne peut-on pas plutôt avancer que c'est le temps (ce qu'on appelle l'usage est qui inclut la notion de temps) qui a contribué à solidifier leur sens? Mon interprétation, qui porte sur la retranscription directe des smileys est forcément subjective et même très personnelle, j'ai par contre usé de toute ma bonne foi pour tenter d'en décrire le plus fidèlement possible le sens attribuable aux smileys les plus courants, et si tout le monde en fait autant je suggère qu'il faut reconnaitre que la plupart du temps nous attribuons aux deux smileys que j'ai présenté les sens proposés dans ma note initiale. On m'aura compris, la généralisation est encore hasardeuse, mais si l'on me suit je laisse présager que dans quelques temps (dizaines d'années?) les sens des symboles se réduiront progressivement vers ces derniers (l'usage donc se charge de faire évoluer le sens).

_ le 3e point me semble être en désaccord avec l'opinion que je développe et mal la saisir, aussi voudrais-je la clarifier. Je pose l'équivalence entre les points de ponctuation et les smileys car les deux sont cloisonnés à l'écrit (évidemment), mais bien entendu et en terminologie saussurienne (dont Lévi-Strauss reconnait les avancées dans l'"Anthropologie Structurale" en 58) les deux signifiants (symboles écrits) renvoient chacun au domaine du signifié (de l'ordre de l'idée). Donc je considère que ne pas poser d'équivalence (d'"équisens" devrions-nous dire) comme tu le fais entre par exemple les intonations (pour les signes de ponctuation) et les états mentaux (pour les smileys) n'a pas de sens dans ce domaine puisque les intonations à l'écrit comme les smileys sont des retranscriptions d'états mentaux! Les deux sont du domaine de l'écrit, et l'écrit n'étant qu'un intermédiaire entre deux consciences ou plus (voire la même à des moments différents), les deux ont donc leur signification dans cette dernière. C'est là qu'est la possibilité de comparaison, elle est donc phénoménologique et m'autorise sur cette base à effectuer la comparaison en étudiant les phénomènes seulement (les apparitions à la conscience). Deviennent donc hors-sujet les comparaisons de support (l'un est informatique, l'autre non, n'a pas ici de pertinence), historiques, et toutes les autres qui n'auraient pour objet d'étude le couple signifiant/signifié (ou mot/idée).

Voilà donc pourquoi je pense que sur cette base l'analyse du smiley peut se montrer extrêmement intéressante car, une nouvelle fois, l'utilisation de ce dernier permet de rapprocher nos écrits de nos pensées en élargissant nos possibilités de retranscription de ces dernières.

Je ne dis pas que ma soeur est la meilleure sinon ça va faire blog familial ;-) (smiley qui évoque la complicité si vous m'avez bien lu)

Rupert Schiessl

Je découvre ton blog, Hadrien!
Des analyses profondes, des avis nuancés.
Vraiment excellent! Bravo!

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