
Information fort intéressante parue dans Le Monde, un nouveau site d'enchères bien particulier (www.jobdealer.net qui fait suite à l'Allemand www.jobdumping.de) va vous permettre de trouver un emploi... aux enchères. Ah oui et n'oublions pas la subtilité: le poste tant convoité sera offert au moins offrant! Voici donc le principe d'enchères inversées qui s'invite à la table du recrutement. Rassurons-nous, on ne pourra pas proposer de se brader en dessous du SMIC. A moins d'adapter le processus pour l'embauche de stagiaires? (cf. post précédent!)
Mais gardons nous tout de même de jugement éthique: car dans un pays qui stagne à 3M de chômeurs la seule éthique qui vaille en matière de politique d'emploi est celle de l'efficacité (c'est d'ailleurs l'argument avancé par ces sites). Mais pourra-t-on réellement attribuer une amélioration de l'emploi à une simple adaptation typologique du marché du travail?
A mon avis, il ne faut pas trop s'en inquiéter...
1. Il est faux de dire que le PREMIER critère d'embauche est le salaire. C'est effectivement un critère important mais au même titre que l'efficacité, les compétences ou autres.
Que penser d'un Dir Commercial qui acceptera de gérer le carnet de commandes d'une PME importante pour 1 000 € / mois ???? Combien de temps acceptera-t-il cette situation, s'il est vraiment efficace...
2. Ces sites n'auront d'impact, s'ils en ont, que sur les salaires d'embauche. Après tout, peut-être que cela débloquera la situation en France. Ensuite, il y aura nécessairement un phénomène de rattrapage.
3. Enfin, j'ai vraiment le sentiment que le marché repart. Les offres sont de plus en plus nombreuses. J'ai bien peur (en fait je me réjouis) que ces sites n'arrivent trop tard : certains postes sont déjà "tendus" et les autres le redeviennent. Imaginez-vous L'Oréal, la BNP, Deloitte ou Bain&Company, recruter par des enchères inversées ? ...
Bref, ces sites sont inquietants par ce qu'il véhicule comme valeurs (l'être humain est vraiment une "ressources" au même titre que les matières premières ou le parc informatique...) ; mais je suis assez optimiste quand à leur impact plus que limité...
Rédigé par: Damien | novembre 15, 2005 à 02:04 AM
C'est comme les 35h, qu'en y'en a plus, y'en a encore...
Le français travaille autant que ses voisins
A peine trois salariés sur cinq sont passés à 35H : La France se situe dans la moyenne européenne. Elle se distingue, en revanche, de ses voisins par le faible taux d'emploi des jeunes et des seniors. Selon le Centre d'Etudes de l'Emploi, en 2003 un salarié travaillait à temps plein en moyenne 38,8H/semaine. Aujourd'hui si l'on prend la totalité des personnes ayant un emploi, cela représente 40,8H. Les 35 H ne bénéficient qu'à 58 % des salariés du secteur marchand.
Les salariés qui dépassent la durée légale sont de plus en plus nombreux. Le CEE estime que la France est entrée dans "l'après 35 H". La spécificité de française est marquée par les taux d'emploi des moins de 25 ans et des plus de 50 ans. L'emploi se concentre dans la tranche 25-49 ans, population déjà soumise à de fortes contraintes familiales et domestiques. Cette faible flexibilité de la durée du travail tout au long de la vie professionnelle pose encore plus de problèmes aux femmes. Et de citer en exemple les pays nordiques, encore une fois.
OUEST FRANCE
31 octobre 2005
Rédigé par: Aurélie | novembre 15, 2005 à 04:48 PM
Je vois que je ne suis pas le seul, en Blause (Blog en Pause ;-) ) !
Rédigé par: Florian | décembre 21, 2005 à 12:57 AM